Cela fait quelques années que j’ai noté la date dans mon calendrier. Ce 12 août 2026, une éclipse du soleil presque totale se produit en France. Et dans la région toulousaine on est gâté, car ce sera 97.9% d’obscuration. 😎

Ça reste un monde en comparaison avec une éclipse totale (qui sera visible en Espagne), mais à domicile c’est une aubaine très rare ! Avec ce pourcentage d’obscuration, la baisse de luminosité devrait être perceptible sans instrument.
La météo s’annonce très bonne, ouf ! ☺
Les conditions sont particulières, puisque le maximum de l’éclipse aura lieu, ici, à 20h26, soit peu avant le coucher du soleil (21h02).
- 🌓 Premier contact 19:31
- 🌘 Maximum 20:26
- 🌕 Dernier contact 21:17
Le soleil sera donc très bas sur l’horizon : il faudra vraiment un ciel très bien dégagé à l’ouest. Et on ne verra pas la fin de l’éclipse puisque le soleil sera déjà couché.
Vu l’horaire assez tardive, je suis frustré de ne pas pouvoir partager ce moment avec ma famille, en particulier le petit de 5 ans qui commence à être curieux de ces phénomènes. Celui de 2 ans est trop petit, et ma compagne s’occupera de tout ce petit monde pendant ce temps-là. 🙏
J’avais déjà repéré, il y a plusieurs semaines, un lieu propice à l’observation sur la colline à quelques minutes de ma maison.
Préparation
Je pars à 18h15, pour avoir le temps de trouver la place idéale, et d’installer tout mon matériel. J’ai fait les tests en fin de matinée dans mon jardin pour ne pas avoir de surprise le moment venu !
Une demi-heure avant le début de l’éclipse, j’ai trouvé un bon emplacement parfaitement dégagé vers l’Ouest pour assister à la totalité de l’éclipse jusqu’au coucher de soleil. Et tout le matériel est installé. 😋 Plus qu’à patienter, le seul problème étant qu’il n’y a pas d’ombre, à part en s’asseyant dans les tournesols ! 🥵

J’ai deux objectifs de production pour cette éclipse :
- Réaliser un chapelet, c’est à dire composer, sur une seule image, les différentes phases de l’éclipse. L’idéal étant d’avoir la course du soleil dans le ciel avec un paysage.
- Prendre au téléobjectif (avec le plus gros zoom possible) les différentes phases de l’éclipse, avec le soleil en « gros plan » donc. Cela permettra de faire un timelapse, en centrant toutes les photos sur le soleil.
Et, bien sûr, profiter du moment à l’œil nu 🙂 (enfin avec les lunettes de protection adéquat ! 😄)
Pour ces deux objectifs, il me faut deux installations différentes. Après les tests de l’après-midi, je choisi ces configurations :
- Pour le chapelet : je vais utiliser mon reflex Canon, avec le filtre solaire adapté à l’objectif que j’ai acheté exprès pour l’occasion. Comme il faut que je prenne des photos régulièrement avec le même cadre pour voir les course du soleil, je l’utiliserai sur le trépied.

- Pour les gros plans du timelapse, le choix est évident puisque mon bridge de voyage a un zoom imposant, il est donc tout disposé pour l’exercice. Comme je n’ai pas acheté de deuxième filtre solaire adapté aux APN, j’utiliserai le filtre solaire adapté à mon télescope. Il est bien trop grand pour être fixé à l’objectif, mais j’ai deux mains : je peux le tenir devant l’objectif pendant que je manipule l’APN avec l’autre main. Comme je n’ai pas non plus de deuxième trépied, il faudra faire tous ça à mains levés, sans bouger ! 🙄

Je ferai des photos toutes les 5 minutes environ avec les deux configurations, en adaptant le temps de pose. Et en pensant à regarder le spectacle avec les lunettes entre les poses ! 😎
Déroulement
La session s’est bien déroulée : la météo était au rendez-vous tout du long, le point de vue idéal.
Malgré le coucher de soleil en parallèle du maximum de l’éclipse, j’ai clairement distingué la baisse de luminosité puis son augmentation une fois le pic passé. Tout comme, visiblement, quelques chiens qui se sont mis à aboyer au moment fatidique !


FUJIFILM X-S1, ƒ/6.4, 1/100s, 6 mm, ISO-100
J’ai particulièrement apprécié le coucher de soleil éclipsé, une configuration très originale, presque irréelle ! 🤩
Il y a eu cependant quelques loupés pendant les prises de vues :
- Avec mon bridge, sans trépied, j’ai dû augmenter considérablement le temps de pose après le maximum de l’éclipse, au moment où le soleil commençait à se coucher. Pas sûr que ces photos soient bien nettes : ce n’est pas facile de ne pas bouger quand on tient son APN d’une main et le filtre de l’autre. 🤨
- Par ailleurs, l’autofocus a eu beaucoup de mal autour du maximum : le peu de soleil visible n’était pas suffisant pour le système. Pas de problème avec le reflex puisque j’ai réglé la mise au point une seule fois au début de l’éclipse.
- Enfin, en collant le filtre contre l’objectif, il m’est arrivé d’appuyer trop dessus, ce qui faisait rentrer l’objectif en réduisant le zoom. Dommage pour mon timelapse, où je ne souhaite pas voir un soleil qui change de taille !! 😒
- Pour le reflex j’ai eu deux soucis principaux : un changement de batterie à la moitié de l’éclipse, qui m’a obligé à enlever l’APN du pied et qui a donc fait bouger le cadre.
- Et la difficulté à prendre une photo sans filtre non cramée par le soleil. Cette photo devait me permettre de composer le chapelet sur le paysage. Lors des éclipses totales, cette photo se prend au moment de la totalité, où le soleil ne crame pas les photos sans filtre.
Traitement
Le lendemain je peux découvrir les photos, et commencer à les traiter. Pas de mauvaise surprise, j’ai réalisé peu ou prou les photos que je souhaitais ! 😄
Le chapelet
Pour réaliser le chapelet, à partir des photo de mon reflex, j’ai suivi les étapes suivantes :
- Sélection de 28 photos parmi toutes celles que j’ai prises. Avec le filtre solaire et le temps de pose très faible (1/4000s au début de l’éclipse), on ne distingue que le disque solaire sur les photos.
- Développement de ces photos avec le logiciel Lightroom, en particulier pour ajuster la balance des blancs qui est particulière avec mon reflex défiltré pour l’astrophotographie (les couleurs tirent trop vers le rouge)

- Importation de ces photos dans Photoshop sous forme de calques, que je défini en mode « Eclaircir ». C’est magique : on voit alors toutes les étapes de l’éclipse avec la course du soleil dans le ciel et l’obscuration du soleil au fur et à mesure😀

- A cette étape on voit le décalage dans le course du soleil, dû à mon changement de batterie. Même sans avoir bougé le trépied, je n’ai pas pu remettre l’APN exactement dans la bonne position pour continuer les prises de vues. Il me faut donc décaler certains calques pour retrouver une course du soleil linéaire.

- Vient ensuite l’étape la plus délicate : superposer le paysage. Ce pourrait être aussi simple que la superposition des photos du soleil, mais la photo du paysage, que j’ai prise sans filtre solaire au moment du maximum de l’éclipse, n’est pas utilisable telle quelle : le paysage est tout noir, car le soleil était encore bien trop brillant, même caché à 98%.

Canon EOS 700D, ƒ/3.5, 1/4000s, 18 mm, ISO-100
Il me faut donc travailler cette photo pour faire ressortir le paysage, sans pour autant que le soleil ne devienne trop lumineux. Difficile équilibre…
J’abouti à cette image, qui n’est pas représentative du moment, mais qui permet quand même d’avoir le ciel et le paysage au bon endroit pour la composition finale.

Canon EOS 700D, ƒ/3.5, 1/4000s, 18 mm, ISO-100
- La dernière étape consiste à superposer les images de la course du soleil (en en enlevant certaines un peu redondantes) au paysage, pour aboutir à l’image finale.
C’est donc une composition de 21 images empilées, prises entre 19h32 et 20h56 à peu près toutes les 5 minutes, avec des temps de poses compris entre 1/4000s et 1/5s.

Canon EOS 700D, ƒ/3.5, 1/4000s à 1/5s, 18 mm, ISO-100
La version sans le paysage est plus propre et intéressante à mon gout, mais il lui manque un petit quelque chose !

Canon EOS 700D, ƒ/3.5, 1/4000s à 1/5s, 18 mm, ISO-100
Le timelapse
Cette composition sera plus simple à réaliser, avec les étapes suivantes :
- Sélection des meilleures photos, soit 16
- Centrage des photos sur le soleil. C’est la partie la plus fastidieuse : sur Photoshop, j’ai aligné, presque au pixel près, les 16 photos une par une pour que le soleil soit toujours au même endroit. Une photo a du être zoomée à la main, puisque j’avais dézoomé à la prise de vue en appuyant trop sur l’objectif avec le filtre.
- Colorimétrie du soleil telle que décrit dans Eclipse de soleil (par les nuages)
- Création d’une vidéo avec Siril
FUJIFILM X-S1, ƒ/5.6, 1/4000s à 1/10s, 160 mm, ISO-100







