Suite à ma tentative ratée sur la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) du 11/04 au matin, je me rends compte qu’elle serait bien visible de l’autre côté de ma maison, au Nord, où l’horizon est mieux dégagé vers l’Est.
Nouvel horizon
Le 14/04, j’installe donc le télescope pour la première fois à cet endroit. Il me faut refaire l’horizon depuis cette nouvelle position, pour pouvoir l’afficher dans N.I.N.A. Cela permet de se rendre compte de la visibilité ou non des objets au cours de la nuit.
Pour créer cet horizon, j’utilise depuis l’emplacement du télescope, ave mon smartphone, le lien https://rkinnett.github.io/gyrocam/ qui permet de générer un fichier texte contenant les données d’azimut et d’élévation de visibilité du ciel correspondant. C’est assez magique : le lien utilise la caméra et le capteur d’orientation du smartphone, il suffit de tourner autour de soi, en regardant l’écran du smartphone, et de cliquer sur le sommet des arbres/maisons alentours.
Avec ce nouvel emplacement du télescope et le nouvel horizon, je vois que la comète n’est visible qu’à partir de 6h, qui n’est déjà plus la nuit noire. Dommage, mais c’est toujours ça !

La comète n’étant visible qu’en toute fin de nuit, je vais profiter de la nuit pour faire des prises de vue, que je veux faire avec ma caméra. Le traitement des photos pour la comète sera très fastidieux, mais devrait donner un résultat plus propre qu’avec mon APN.
Problème de mise au point.
Cela fait déjà plusieurs nuits que la mise au point automatique ne fonctionne plus avec N.I.N.A. Mon moteur de mise au point fonctionne pourtant correctement. Ce soir, je passe presque une heure à essayer de faire la mise au point « manuellement » (en commandant le moteur de mise au point pas à pas), sans succès. Les positions du moteurs ne sont plus consistantes : pour une même position, je n’obtiens pas la même mise au point. Impossible dans ce cas d’affiner la mise au point (et c’est pour ça que le mise au point automatique échoue également).
Les autres nuits, j’avais réussi à faire une mise au point manuelle correcte, et désactivé les mises au point automatique pendant la nuit. Ce soir impossible 😫. Je me dis que c’est possiblement le poids de la caméra plus la roue à filtre qui est trop important pour le tube de mise au point. Pour un même pas du moteur, le tube s’enfonce beaucoup si la camera est au dessus (elle pèse donc fort), mais presque pas si elle est en dessous (car le moteur devrait forcer plus dans ce cas).
Si cette hypothèse est vraie, je n’aurai pas de problème avec mon APN. Mais c’est curieux que ça n’arrive que depuis quelques nuits, alors que je n’ai pas eu de soucis lors de mes premières observations avec la caméra. 🤔
Et effectivement, avec l’APN, plus de problème : je retrouve le confort de la mise au point automatique. 😊. En plus, le traitement des photos de la comète s’en trouvera simplifié.
C’est parti pour cette nuit, mais il faudra que je me penche sur le problème avec la caméra plus tard.😐
La Lune est absente du ciel nocturne en ce moment, idéal pour capturer les objets de faible luminosité sans filtre. Je vais porter mon dévolu sur un regroupement de galaxies, le Groupe Compact de Hickson 68 (HCG68). Pour les galaxies, je connaissais le catalogue des Groupes d’Abell, en voilà un nouveau : les groupes compacts de Hickson. On en apprend tous les jours !
Le point commun entre les deux est qu’il s’agit de plusieurs galaxies liés gravitationnellement, la différence étant le nombre de galaxies qu’ils contiennent : très peu (4-5) mais rapprochées pour les Groupes Compacts de Hickson, beaucoup plus nombreuses (plusieurs centaines) pour les Groupes d’Abell (mais sur de plus grandes distances).
Première nuit 14/04
Après cette première nuit de prises de vue, je regarde avec fébrilité les photos de la comète. Et c’est une réussite : la comète est parfaitement visible et centrée sur les premières photos, avant de disparaitre avec le lever du soleil. 😎

Après empilement de 11 photos, je réussi enfin à avoir une première photographie correcte d’une comète au télescope !
Je n’ai pu avoir que peu d’images exploitable à cause d’un temps de pose (1 minute) trop élevé dès que le soleil point à peine son nez. Je tenterai de baisser ce temps de pose le lendemain.
Les prises de vues sur le regroupement de galaxies HCG68 ce sont très bien déroulées, ce qui permet d’avoir une photographie assez impressionnante comportant de nombreuses galaxies, dont NGC 5350, NGC 5353, NGC 5354, NGC 5355 et NGC 5358 qui composent HCG68 (qui se situe autour des étoiles jaune et bleu au centre légèrement en bas à droite).
On distingue très bien également la galaxie spirale NGC5390 en haut à droite.

189 images de 2 min, soit 6.3h de pose
Canon EOS 700D 800ISO
A noter que pendant cette nuit, la photo du regroupement de galaxie de 00h32 fait apparaitre un curieux visiteur !
Il s’agit bien sûr d’un avion. Je me dis qu’il doit être possible de déterminer de quel type d’avion il s’agit, voire quel vol, avec l’heure et l’emplacement précis dans le ciel. Je n’ai pas le temps de me lancer dans cette analyse, mais je soumet la quesiton à l’intelligence artificielle Gemini, qui me sort une réponse en quelques dizaines de seconde :
D'après les archives radar et la position précise de l'objet dans le ciel à cet instant, nous pouvons identifier l'intrus avec une précision quasi-certaine.
### Identification du vol
Le 15 avril 2026 à 00:32:19 (heure locale), alors que vous pointiez votre télescope 150/750 vers Hickson 68 (situé à environ 73° d'altitude et 135° d'azimut depuis Saint-Orens), l'appareil qui a traversé votre champ est :
* Numéro de vol : AT764 (Royal Air Maroc)
* Provenance : Casablanca (CMN)
* Destination : Paris-Orly (ORY)
* Appareil : Boeing 737-800 (souvent immatriculé CN-RGV sur cette ligne)
* Altitude : ~36 000 pieds (10 970 m)
* Vitesse sol : ~445 nœuds (824 km/h)
### Analyse technique de la trace
Votre calcul de vitesse angulaire et l'aspect visuel confirment ces données :
1. Trajectoire : Le vol AT764 suit une route "standard" qui remonte l'Espagne et traverse le Sud-Ouest de la France en direction du Nord-Nord-Est. À cet instant précis, il passait juste au sud-est de l'agglomération toulousaine, pile dans l'axe de la constellation des Chiens de Chasse.
2. L'écartement des flashs : Les pointillés rouges correspondent au phare de fuselage (Beacon). Sur un Boeing 737, la fréquence est d'environ 1 Hz (un flash par seconde). À une vitesse de 824km/h à cette altitude, l'avion parcourt environ 230 mètres entre deux flashs. Vu de votre télescope, cela crée un écart angulaire de l'ordre de 15' à 20' d'arc, ce qui correspond exactement à ce que l'on mesure sur votre image par rapport à la taille du groupe de galaxies.
3. Les lignes parallèles : Les deux lignes blanches continues sont les feux de navigation des ailes (Ailes gauche et droite). L'écartement constant entre ces deux lignes reflète l'envergure de l'appareil (~35 mètres pour un 737) projetée à 11 km de distance.
😲 Il faudrait évidemment vérifier ces informations pour être sûr !!
Deuxième nuit 15/04
Le lendemain je continue les prises de vues sur HCG68, et sur la comète au petit matin. La visibilité de la comète se décale toujours plus vers le lever du soleil. Je réduis le temps de pose à 20s pour ne pas cramer les photos.
J’obtiens à nouveau quelques photos de la comète, qui me permet d’en avoir un nouveau portrait, moins propre que la veille. Mais qui permet de constater que la forme de sa queue a changé en 24h.

9 images de 20s, soit 3min de pose
Canon EOS 700D ISO800
Troisième nuit 16/04
Pour cette troisième et dernière nuit de visibilité sur la comète, je ne me fais pas trop d’illusion : elle ne sera visible qu’à partir de 6h30, le ciel sera déjà probablement trop lumineux. Je programme quand même des photos avec un temps de pose de 5s.

Je continue les prises de vues sur HCG68 toute la nuit, mais je n’aurais pas de photos toute la nuit… 😐
En effet, le matin je constate un gros problème : la majorité de les photos sont… très floues. La mise au point n’est pas bonne du tout ! 😧

En regardant l’historique de l’activité de N.I.N.A, je m’aperçoit que les problème de mise au point interviennent peu après 2h00, juste après le retournement au méridien du télescope. Toutes les images suivantes sont à jeter, malgré de nombreuses tentatives automatiques de mise au point (AF dans l’historique)

En allant voir le télescope je comprends le problème : au moment du retournement au méridien (quand le télescope fait un « tour sur lui même »), le câble reliant l’APN au mini-pc s’est coincé dans la monture. Ce qui a presque décroché l’APN de l’oculaire, qui n’y est plus solidaire. Les mises au point automatiques n’ont pas pu résoudre le problème, puisque l’APN ne tenait plus correctement dans l’oculaire.

Heureusement, aucun dommage matériel à déplorer. Le câble USB a tenu bon, que ce soit du côté du PC ou de l’APN. Ouf ! 😌
Peu de nouvelles photos pour le regroupement de galaxies HCG68, et aucune pour la comète C/2025 R3 (PANSTARRS) qui tire donc sa révérence.
Je peux quand même ajouter les photos de la nuit précédente, et de la moitié de celle-ci, pour améliorer la photo de HCG68 de la première nuit.

431 images de 2 min, soit 14.4h de pose
Canon EOS 700D 800ISO
Et le jeu en vaut la chandelle ! En doublant le temps de pose, le bruit de l’image est considérablement diminué, et de nouveaux détails apparaissent. La comparaison des images en pleine résolution est frappante !🙂
On peut se concentrer sur les 5 galaxies du groupe de Hickson 68.
Et pour finir la plongée dans ce regroupement de galaxie, j’ai utilisé le script Siril Galaxy_Annotations.py, qui permet de localiser dans une image toutes les galaxies présentes. Et le résultat sur mon image de HCG68 est assez incroyable : pas moins de 93 galaxies y sont visibles 😮


