12 février 2023 — Session d'observation

Premiers essais sur le ciel profond au télescope

Après avoir fait une longue pause des observations astronomiques avec mon télescope, en particulier pour cause de déménagement, de travaux dans la maison et de l’arrivée d’un bébé 🥱, je souhaite continuer le voyage en Astrophotographie.

La prochaine étape, après les planètes et la Lune, est de prendre en photo des objets du ciel profond. Ce sont des objets très peu lumineux, comme des galaxies ou des nébuleuses de gaz.

Pour cela, il faut pouvoir prendre des photos avec des temps de pose très longs, de plusieurs dizaines de secondes. On empile ensuite des dizaines de ces photos, avec des logiciels spécialisés, pour obtenir, au final, une photo qui représente un temps de pose total de plusieurs heures, voire dizaines d’heures. 😮 C’est à ce prix que l’on peut clairement voir apparaître les merveilleuses structures et couleurs de l’univers !

Pour pouvoir réaliser des photographies de plusieurs minutes, il faut que l’appareil photo puisse suivre le ciel, sous peine de voir tout flou. En effet, à cause de la rotation de la Terre autour de son axe, il suffit de quelques secondes pour que le ciel se déplace, et fasse apparaître les étoiles sous forme de trait plutôt que de point sur la photo.

Il me faut donc acheter une monture avec un moteur, ce que j’ai fait en août dernier. Mais des problèmes de santé m’ont obligé à attendre de nombreux mois avant de pouvoir m’en servir.

En ce début février, je m’y met, et les débuts sont galères : j’avais l’habitude de bouger la monture à la main pour viser les planètes ou la Lune. Il me faut maintenant comprendre la mise en station avec le viseur polaire, l’utilisation de la raquette de la monture, faire l’alignement « 3 étoiles », commander la monture avec mon PC portable et un logiciel de carte du ciel… 😮

Le 03/02/2023 à 00h10, le télescope sous le ciel étoilé du jardin

Au bout de plusieurs soirées à tâtonner, je réussi à faire ma première photo sur une comète, C/2022 E3 (ZTF). 😀 Le cadrage est approximatif, mais j’en reste là de peur de faire pire et de ne pas la retrouver !

La comète C/2022 E3 (ZTF) 
Le 03/02/2023 à 1h30
15s, ISO6400 Canon EOS 700D

Après avoir tâtonner sur les prises de vue, je tâtonne à nouveau sur le traitement des photos : il me faut empiler toutes les photos que j’ai prises pour mieux faire ressortir les détails de la comète et réduire le bruit. Je m’en sors comme je peux avec le logiciel Deep Sky Stacker, pour aboutir, après de longs essais, à empiler mes 25 photos et à avoir à la fois les étoiles et la comète nettes.

La comète C/2022 E3 (ZTF) 
25 images de 15s, soit 6 min de pose
Canon EOS 700D ISO6400

Je suis déçu par la photo de la comète, que je ne réussi pas à traiter correctement, pour voir les couleurs et la queue de celle-ci. Mais on distingue clairement le cœur de a comète, c’est déjà ça : je réussi à pointer l’objet voulu avec le télescope, et à en faire plusieurs photos ! 😀

Quelques jours plus tard, tout en continuant de m’entraîner sur la comète, je choisis une autre cible : l’Amas des Pléiades M45, un amas de 7 étoiles.

L’Amas des Pléiades M45
51 images de 10s, soit 8.5 min de pose
Canon EOS 700D ISO6400

Je suis beaucoup plus satisfait de l’amas des Pléiades, sur laquelle je peux distinguer, en plus évidement des 7 « grosses » étoiles composant l’amas, un début de nébulosité bleu.

Je choisis ensuite un amas ouvert d’étoiles, M35, contenant bien plus d’étoiles que l’amas des Pléiades.

Amas d’étoiles M35 (et NGC 2158 en haut à droite)
68 images de 15s, soit 17 min de pose
Canon EOS 700D ISO6400

Je suis impressionné de voir autant d’étoiles sur la photos ! 😮

Dans la foulée je tente une nébuleuse, que je sais beaucoup plus faible et diffus qu’une comète ou des étoiles. C’est la Nébuleuse Californie NGC1499, pour laquelle je prends quelques photos. Malheureusement, je ne vois rien de nébuleux sur ces photos 😔

Nébuleuse Californie NGC1499 ?
19 images de 5s, soit 2 min de pose
Canon EOS 700D ISO12800

Est-ce que, avec la pollution lumineuse importante à coté de Toulouse, je peux faire des photos de nébuleuse depuis mon jardin ? Sinon il faudra que j’envisage le prises de vues en mode nomade : charger le matériel dans la voiture, faire des kilomètres, tout décharger, installer, sur une batterie mobile adaptée, faire les prises de vues en patientant dans la voiture, tout démonter, charger dans la voiture, refaire des kilomètres… Si je pouvais éviter tout ça, et rester tranquillement à la maison, je ferai surement plus de sessions !

Bon, avec à peine quelques minutes de pose pour cette première nébuleuse, il est trop tôt pour se poser la question. Il me faudra faire des temps de pose beaucoup plus long pour conclure !

Ces premières nuits de tests sont plutôt encourageantes : je réussi, avec beaucoup de difficultés et de tâtonnements, à faire des photos d’objets invisibles à l’œil nu. Je constate évidement les progrès à accomplir, les résultats sont très loin d’être esthétiques : je n’ai pas (encore ! 🤞 ) les compétences en traitement d’images nécessaires. Il me faut apprendre :

  • les techniques de traitements propres aux astrophotographies : calibration unitaire des photos avec des images d’« offet », de « dark » et de « flat », empilement des images calibrées, extraction du gradient, …
  • les techniques de modifications esthétiques : étirement de l’histogramme (les images empilées sont très sombres), gestion du contraste, des couleurs, réduction du bruit, …

Et il va aussi me falloir optimiser les sessions de prises de vues, que je fais devant le télescope connecté à mon ordinateur portable pour le contrôler. Je reste donc à surveiller tard dans la nuit, et rentre tout le matériel en fin de session. Ce qui est pour le moins fatiguant !! 🥱

Mon objectif, quand je serai plus à l’aise avec tout ça, c’est d’avoir un mini-pc sur le télescope, auquel j’accède à distance depuis mon canapé, et qui puisse contrôler le télescope pendant toute la nuit pendant que je dors. 😎 C’est moins romantique que de passer la nuit dehors à regarder les étoiles, mais plus réaliste sur la fatigue à long terme !

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